Vingt-quatre ans après le sacre en 2002, la quête de la Hexa (la sixième étoile) reste l’obsession absolue de tout un peuple. Alors que les échéances internationales se profilent, la liste des joueurs retenus par la Seleção pour le mondial 2026 rallume le débat . Ce groupe a-t-il enfin l’épaisseur, le talent et l’équilibre nécessaires pour réinstaller le Brésil sur le toit du monde ? SportLab Bénin se penche sur la question avec l’analyse d’une équipe coincée entre promesses d’avenir, certitudes retrouvées et déséquilibres persistants.
Une attaque de feu avec Vinicius Jr et le facteur Neymar

S’il y a un secteur où le Brésil fait trembler la planète entière, c’est bien son secteur offensif. Le sélectionneur dispose d’une armada qui allie l’expérience du très haut niveau à la folie de la jeunesse. En tête de gondole, Vinicius Jr n’est plus seulement l’ailier virevoltant du Real Madrid ; il est devenu l’un des joueurs le plus décisif sur cette saison 2025-2026. Avec une campagne réussie avec 22 buts et 11 passes décisives toutes compétitions confondues, « Vini » arrive en sélection avec le costume de patron absolu.
À ses côtés, la grande attraction de cette liste est le phénomène Endrick. Après sa première saison complète d’adaptation en Europe en prêt à l’olympique de Lyon, le jeune prodige n’est plus seulement un espoir, il incarne ce profil de numéro 9 moderne, vif et instinctif, que le Brésil cherchait depuis des années pour peser dans l’axe. Pour dynamiter les couloirs et apporter de la percussion, la sélection peut aussi compter sur le sens du sacrifice de Gabriel Martinelli, le réalisme de Raphinha et la folie de Savinho, sans oublier l’émergence de profils comme Igor Thiago, Luiz Henrique, Cunha ou Ravan.
Enfin, la présence et le retour de Neymar Jr amène une double lecture. Sous la houlette d’un entraîneur d’expérience, son positionnement (probablement plus reculé ou en électron libre) et son vécu des grands rendez-vous seront un atout indéniable, sans pour autant que l’équipe ne souffre d’une « Neymar-dépendance » désormais gommée par l’éclosion de Vinicius.
Un milieu de terrain estampillé « Premier League »

Le profil du milieu de terrain brésilien confirme sa mutation radicale au cours de la saison 2025-2026. Fini l’époque des meneurs de jeu à l’ancienne ; place à l’intensité, au volume de jeu et à la transition rapide. Les patrons de l’ombre se nomment Bruno Guimarães et Douglas Luiz. Sortant tous deux d’une saison pleine et ultra-exigeante en Angleterre, ils apportent à ce bloc l’impact physique, la récupération agressive et la première relance propre indispensables pour faire face aux blocs européens. Ils sont suppléés par des profils de devoir comme Casemiro, Fabinho ou la surprise Andrey Santos. De plus, la présence d’Ederson (Atalanta) confirme cette volonté de densifier l’entrejeu avec des joueurs habitués aux joutes tactiques les plus dures. Dans cet entrejeu très athlétique, Lucas Paquetá reste le facteur X créatif et le liant indispensable. C’est par son orientation du jeu, sa technique fine et sa complicité avec les flèches de l’attaque que la lumière doit venir pour déséquilibrer les blocs bas adverses.
Une charnière de fer, mais le chantier chronique des latéraux

En défense, les certitudes axiales contrastent fortement avec les interrogations sur les flancs. La charnière centrale a fière allure au terme de la saison. Gabriel Magalhães a été un monstre de régularité avec Arsenal. Il s’affirme comme l’un des tout meilleurs défenseurs de Premier League. Sa complémentarité avec l’expérimenté Marquinhos offre un rideau défensif exceptionnel, renforcé par les options Bremer, Ibanez ou Léo Pereira. Derrière eux, le trio de gardiens Alisson, Ederson et Weverton offre l’une des plus grandes sécurités dans les moments de forte pression.
Le problème réside plutôt sur les côtés. Si Danilo apporte son leadership, son expérience de grognard et une vraie sécurité dans une défense hybride, il n’a plus le volume physique pour enchaîner les allers-retours. Sur les flancs, les profils de Yan Couto, Wesley, Alex Sandro, ou Douglas Santos sont d’excellents joueurs en club, mais ils restent un ton en dessous des grands standards mondiaux. Face à des nations armées d’ailiers ultra-rapides, ces couloirs seront la zone de vulnérabilité que les staffs adverses chercheront à exploiter.
Carlos Ancelotti, le chaînon manquant ?

C’est précisément là que l’arrivée de Carlos Ancelotti sur le banc change absolument tout. L’Italien est le coach le plus titré de l’histoire de la Ligue des Champions. C’est l’homme des grands rendez-vous, et sa force réside dans sa capacité unique à sublimer ses individualités sans jamais rigidifier son système tactique.
Ancelotti sait comment masquer les faiblesses d’un collectif et maximiser ses forces. Sa gestion humaine et son pragmatisme pourraient bien être le remède miracle pour permettre au Brésil de franchir ce fameux cap psychologique face aux nations européennes et transformer ce réservoir de stars en une véritable machine à gagner. Pour la Seleção, le plan est tracé et l’objectif serait déjà de réussir à s’extirper de son groupe composé du Maroc , l’Haiti et l’Écosse, ses premiers adversaires en phase de poules.
Nel Charbel KOFFI
