Cotonou a accueilli, du 14 au 16 août 2026, la 12ᵉ édition du Festival International d’Aïkido. Organisé par Mugaijuku, l’événement a réuni des pratiquants autour d’un stage conduit par Hiroshi FUJIOKA Shihan, 7ᵉ Dan Aikikai, venu de Shoheijuku à Fukuoka, au Japon.
Durant trois jours, les tatamis du Dojang FBTAE, à Akpakpa, ont vibré au rythme de l’aïkido. Le programme a également prévu une séance à la plage. Une manière de faire découvrir cette discipline japonaise au-delà du cadre habituel du dojo.
Un art martial sans compétition

À l’origine de ce festival, Dave Fèmi Brahi, instructeur d’aïkido et fondateur de Mugaijuku, défend une approche particulière de la discipline. « On n’est pas vraiment une fédération, on est une association. Nous essayons de faire la promotion de l’aïkido, qui est un art martial d’origine japonaise. » Contrairement à plusieurs disciplines de combat, l’aïkido ne repose pas sur la compétition. Les pratiquants se retrouvent notamment lors de stages et d’examens de passage de grade. « En aïkido, il n’y a pas de compétition. Donc, on organise des stages pour animer la vie de l’art. » Cette particularité donne une place importante à l’apprentissage, à la progression technique et au travail avec le partenaire.
L’harmonie au cœur de la pratique
Pour Dave Fèmi Brahi, l’aïkido repose avant tout sur l’harmonisation. « L’aïkido, littéralement, c’est l’harmonisation des énergies. C’est un art martial qui est purement défensif. » Le pratiquant ne cherche donc pas à attaquer son adversaire. Il apprend plutôt à utiliser le mouvement, le déséquilibre et la technique pour répondre à une situation. Cette philosophie était au centre du stage organisé à Cotonou.
Hiroshi FUJIOKA Shihan insiste sur les bases

Invité d’honneur de cette 12ᵉ édition, Hiroshi FUJIOKA Shihan a dirigé les différentes séances. Le maître japonais, 7ᵉ Dan Aikikai de Shoheijuku, a notamment travaillé avec les participants sur les fondamentaux.Dès la première journée, il a constaté la présence de nombreux débutants.« Je pense qu’il y a beaucoup de débutants qui sont arrivés. Alors, puisque ce sont des débutants, j’ai beaucoup insisté sur les bases. » Pour le technicien japonais, ces fondamentaux sont indispensables à la progression. « Les bases sont vraiment primordiales et fondamentales, importantes pour évoluer. » L’objectif ne se limitait toutefois pas à l’apprentissage individuel. Hiroshi FUJIOKA Shihan voulait aussi renforcer le travail collectif. « Travailler sur la technique, déjà comment arriver à travailler ensemble avec un autre partenaire et harmoniser la technique, travailler de façon à ce qu’il y ait l’harmonie et que la technique soit vraiment fluide. »
Trois jours de pratique à Cotonou
Le festival a débuté le vendredi 14 août 2026, avec une séance de Keiko de 19h à 21h au Dojang FBTAE d’Akpakpa.Le samedi 15 août, les pratiquants ont poursuivi le travail de 8h à 10h. Un tatami ouvert au public a ensuite permis aux personnes intéressées de découvrir l’aïkido et d’échanger avec les pratiquants. La dernière journée, le dimanche 16 août, a proposé une séance matinale à la plage, de 7h30 à 9h. Les participants ont notamment travaillé avec les armes en bois utilisées dans la pratique de l’aïkido.Le stage s’est poursuivi en salle de 10h à 11h30. Cette dernière étape a également été consacrée aux examens de passage de grade. Une séquence importante dans une discipline où les compétitions n’existent pas.
Mugaijuku veut maintenir la dynamique
Pour Dave Fèmi Brahi, ce festival s’inscrit dans une histoire déjà longue. L’initiative avait été lancée en 2015 avec l’ambition d’en faire un rendez-vous annuel.La crise liée à la Covid-19 a cependant perturbé cette dynamique. « On a commencé à organiser chaque année depuis 2015. Maintenant, il y a eu le Covid qui nous a un peu secoués et ça a fait qu’on a ralenti. On a repris il y a deux ans. » Depuis la reprise, Mugaijuku continue d’inviter des experts japonais pour encadrer les pratiquants béninois. Avec cette 12ᵉ édition, l’association poursuit ainsi son objectif : faire connaître davantage l’aïkido au Bénin et offrir aux pratiquants un cadre régulier de perfectionnement.
Au-delà des techniques, le Festival International d’Aïkido 2026 a surtout rappelé une valeur essentielle de cette discipline : apprendre à travailler avec l’autre dans la recherche de l’harmonie.
Firmin DANNON
